20061001

La Fête Triste

Profond retour en arrière, comme si une année de travail s’effaçait pour laisser place à la réalité. Le vernis craque, se fissure lentement, pour laisser remonter à la surface les plaies béantes colmatées avec difficulté par les inhibiteurs de la sérotonine, les anxiolytiques et les régulateurs de l’humeur.

Les sources sont identifiées, identifiables, palpables parfois, irraisonnées souvent, mais réelles.

B. ne m’a pas donné de nouvelles, malgré la recherche de ggt.

3 (trois) rayons de soleil redonnent espoir, un îlot de quiétude, de sérénité, même si les faits resteront immuables, comme dits, prononcés, ancrés dans la réalité. Encrés sur le vide, le néant binaire d’un document électronique virtuel, ou sur la trame d’une feuille parfaitement blanche, ou sur une page quadrillée d’un carnet noir.

L’humeur qui baigne les synapses oscille, inonde et se retire comme une marée purulente, qui gangrène jusqu’à la destruction finale de tout système de pensée cohérent.

Chaque chose est à sa place, dans un ordre bien défini, qui ne laisse d’espace que pour la tyrannie, l’attente, la frustration, l’espoir moisi dans l’œuf, l’attaque de front, la haine, l’impossibilité du détachement, l’aveuglement, l’obstination, le misérabilisme, la pourriture, l’obligation, l’irréparabilité, l’état de fait, la non exhaustivité…

La duperie est multifaciale, multidirectionnelle, étouffante et dualiste. Elle érode, ronge, use, rogne, attaque, infecte, pourrit, vérole, enchaîne, mortifie toutes les composantes.

Aujourd’hui, la fête est triste. Elle fait place à une hydre anxiogène, elle a enfanté un monstre de douleur, de doutes, de psychose, d’éreintement, d’humiliation, un fumier où fermente une renaissance irrémédiablement malsaine.

Le cheminement de l’avènement du nouveau moi est complexe, long, trouble, destructeur. Il annonce une relecture totale du processus, une volonté de révolution qui passe par le meurtre intra-utérin, tuer l’œuf de l’œuf dans l’œuf. Vermifuger les racines du mal.

In Fine.