Le Moine
"De moment en moment, la passion du moine devenait plus ardente, et la terreur d'Antonia plus intense. Elle lutta pour se dégager ; ses efforts furent sans succès et, voyant Ambrosio s'enhardir de plus en plus, elle appela au secours à grands cris. L'aspect du caveau, la pâle lueur de la lampe, et les objets funèbres que ses yeux rencontraient de toute part, étaient peu faits pour lui inspirer les sentiments qui agitaient le prieur ; ses caresses même l'éprouvaient par leur fureur : cet effroi, au contraire, cette répugnance manifeste, cette résistance incessante ne faisaient qu'enflammer les désirs du moine, et prêter de nouvelles forces à sa brutalité".
Pour mettre en scène le combat d'une sainteté qui se défend contre les puissances des ténèbres, Matthew G. Lewis déploie, avec un art consommé de la gradation dans l'horrible, une multitude de récits d'une audace et d'une cruauté rares.
Matthew Gregory Lewis (1775-1818) publie Le Moine à l'âge de vingt ans. L'ouvrage fit scandale et fut un moment interdit comme licencieux, et la deuxième édition parut expurgée de certaines scènes.

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home